{"id":1114,"date":"2020-06-29T16:29:07","date_gmt":"2020-06-29T14:29:07","guid":{"rendered":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/?p=1114"},"modified":"2020-06-29T16:29:08","modified_gmt":"2020-06-29T14:29:08","slug":"caracteres-du-xxi-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/2020\/06\/29\/caracteres-du-xxi-siecle\/","title":{"rendered":"Caract\u00e8res du XXI\u00b0 si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>Dans cette rubrique, j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 St\u00e9phanie Baudry de revenir \u00e0 ses premi\u00e8res amours afin de tenter, au travers d&rsquo;une \u00ab\u00a0critique\u00a0\u00bb de livres actuels, de donner \u00e0 lire et \u00e0 voir un certain regard sur le si\u00e8cle dans lequel nous vivons&#8230;<\/p>\n<p>La Litt\u00e9rature, au m\u00eame titre que l&rsquo;Information renseigne l&rsquo;Homme sur lui-m\u00eame&#8230;et sur ses cong\u00e9n\u00e8res&#8230;<br \/>\nBonne Lecture \u00e0 tous!<br \/>\nEt, \u00e0 toi, Philippe que je n&rsquo;ai pas vu depuis longtemps, j&rsquo;esp\u00e8re que tu appr\u00e9cieras&#8230;.<\/p>\n<p><em>DERNIERES NOUVELLES DU SIECLE\u2026en 4598 MOTS, ESPACES COMPRIS&#8230;<br \/>\nLES GENS &#8211; de PHILIPPE LABRO<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/stephanie-baudry.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignright size-medium wp-image-1095\" src=\"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/stephanie-baudry-239x300.jpg\" alt=\"\" width=\"239\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/stephanie-baudry-239x300.jpg 239w, https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/stephanie-baudry.jpg 399w\" sizes=\"(max-width: 239px) 100vw, 239px\" \/><\/a><em>Une Lecture de St\u00e9phanie Baudry<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Maria n\u2019a pas dit non \u00bb. Dans cette simple phrase, tous les possibles propres \u00e0 Andr\u00e9 Malraux et certainement, mais sans toutefois le m\u00eame sens de l\u2019explication car l\u2019\u00e9poque en quelques d\u00e9cennies a vraiment chang\u00e9, la m\u00eame acuit\u00e9 \u00e0 observer la vie, avec une justesse per\u00e7ante. \u00ab Les gens \u00bb : leurs vies dissemblables, leurs univers parall\u00e8les qui pourtant, et contrairement aux lois de la g\u00e9om\u00e9trie, se croisent in\u00e9vitablement, les \u00e9tats de leurs \u00e2mes, et non leurs \u00e9tats d\u2019\u00e2me\u2026Tout ce qui constitue chacun et qui fait, qu\u2019\u00e0 un moment, la rencontre s\u2019op\u00e8re avec quelqu\u2019un plut\u00f4t qu\u2019avec quelqu\u2019un d\u2019autre. C\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit ici, car \u00abPour \u00e9crire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d\u2019hommes et de choses, il faut conna\u00eetre les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s\u2019ouvrant le matin. (\u2026) \u00bb Il en va ainsi pendant une longue page de descriptions touchant \u00e0 tous les domaines du vivant dans \u00ab Les Cahiers de Malte Laurids Brigge \u00bb de Rainer Maria Rilke ( encore Maria !). Et, finalement, il en va de m\u00eame de la vie dans ce roman de Philippe Labro : il faut \u2013 parfois &#8211; avoir crois\u00e9, rencontr\u00e9 , et m\u00eame aim\u00e9 en se trompant, bien des vies, bien des hommes ou des femmes pour re-conna\u00eetre celui ou celle qui nous correspond. Comme Maria qui, sans \u00e9ducation, observe et d\u00e9cortique, apr\u00e8s, seulement apr\u00e8s, chaque chose qui lui est arriv\u00e9e dans chacune de ses vies cons\u00e9cutives ! .Je serai presque tent\u00e9e de contredire Philippe Labro lui-m\u00eame ou bien Gallimard, car ce n\u2019est pas le manque d\u2019amour qui fait fusionner ces vies, c\u2019est, au final, la qu\u00eate mais aussi l\u2019amour trouv\u00e9, reconnu avant d\u2019\u00eatre connu, comme Caroline et David qui se jettent l\u2019un sur l\u2019autre et disent apr\u00e8s, seulement apr\u00e8s : \u00ab &#8211; Ce qui serait bien, maintenant, c\u2019est qu\u2019on fasse vraiment connaissance. \u00bb. Et, \u00e7a marche ! Ce livre n\u2019est pas une chance de mieux conna\u00eetre notre monde, ce n\u2019est pas un documentaire et, finalement, il pourrait presque ne pas \u00eatre un roman. Ce livre est une aubaine ! Car il na\u00eet quelque chose dans ce livre. Nous savons tous, qui aimons Labro, qu\u2019il conna\u00eet son \u00e9poque sur le bout des doigts, nous connaissons son sens de l\u2019analyse psychologique, l\u2019\u0153il trans-per\u00e7ant l\u2019\u00eatre, mais ce que nous trouvons l\u00e0, dans ce roman-ci, c\u2019est une synth\u00e8se parfaite. Comment cet homme parvient-il \u00e0 conna\u00eetre si bien le si\u00e8cle dans ses d\u00e9tails ? Et, comment se d\u00e9brouille-t-il pour que ces d\u00e9tails ne soient pas un collage, mais pour qu\u2019ils fonctionnent comme un miroir du r\u00e9el ? Certes, le regard de Maria, une \u00e9trang\u00e8re, le lui permet, et, finalement, la clef du myst\u00e8re est peut \u00eatre l\u00e0 : Maria est \u00e9trang\u00e8re aux Etats-Unis, et elle est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la France, car elle est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 elle-m\u00eame. Sa vie, avant son premier acte de libert\u00e9, est une suite de choses qui n\u2019auraient pas d\u00fb lui arriver, de choses, en somme, d\u00e9natur\u00e9es, et c\u2019est pour cette raison qu\u2019elle peut se regarder de l\u2019ext\u00e9rieur, qu\u2019elle a cette incroyable capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre litt\u00e9ralement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 elle-m\u00eame. Et, c\u2019est peut-\u00eatre tout simplement l\u00e0 le point commun avec l\u2019\u00e9crivain de g\u00e9nie. Sens de l\u2019essentiel pour brosser le portrait physique ou psychologique, plong\u00e9e sans concession au c\u0153ur et jusque dans les creux de certaines \u00e2mes humaines de ce qui est, d\u00e9j\u00e0, le XXI\u00b0 si\u00e8cle, mani\u00e8re chirurgicale de percer les myst\u00e8res des \u00eatres, comme au laser, conduite \u00e0 distance des destins qui finissent par oeuvrer d\u2019eux-m\u00eames car les personnages de Labro poss\u00e8dent tous une part d\u2019Humanit\u00e9, plus ou moins cach\u00e9e, plus ou moins d\u00e9velopp\u00e9e ! M\u00eame les plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, m\u00eame ceux qui se sont retranch\u00e9s le plus loin possible de ce qui les relie au reste des hommes ! Oui, quelque chose na\u00eet dans ce livre, de plus que dans ses autres, de plus que dans les autres. L\u2019on sent, sans \u00e9quivoque possible, que, quelles que soient les failles du si\u00e8cle et les f\u00ealures des \u00e2mes, l\u2019homme, toujours, &#8211; encore &#8211; ne court pas apr\u00e8s la gloire et la reconnaissance (m\u00eame si chacun de ses personnages para\u00eet \u00eatre dans ce sch\u00e9ma de vie), mais qu\u2019il cherche tout simplement \u00e0 conna\u00eetre quelque chose de lui-m\u00eame et que finalement, seul un autre, l\u2019autre peut lui r\u00e9v\u00e9ler. Non pas une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre meilleur, mais une mani\u00e8re toute simple de pouvoir \u00eatre soi ! Etre soi, et chercher \u00e0 l\u2019\u00eatre, d\u00e9couvrir, enfin, comment l\u2019\u00eatre, tel est le tout nouveau cadeau que nous fait Philippe Labro, et c\u2019est certainement le plus pr\u00e9cieux pour nous qui sommes, pour les autres qui ne nous connaissent pas et qui ne nous conna\u00eetront jamais : \u00ab Les gens \u00bb !<\/em><\/p>\n<p><em>Et, en \u00e9cho\u2026..aux Gens : le texte de Rainer Maria RILKE<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab On devrait attendre et butiner toute une vie durant, si possible une longue vie durant ; et puis enfin, tr\u00e8s tard, peut-\u00eatre saurait-on \u00e9crire les dix lignes qui seraient bonnes. Car les vers ne sont pas, comme certains croient, des sentiments (on les a toujours assez t\u00f4t), ce sont des exp\u00e9riences. Pour \u00e9crire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d\u2019hommes et de choses, il faut conna\u00eetre les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s\u2019ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser \u00e0 des chemins dans des r\u00e9gions inconnues, \u00e0 des rencontres inattendues, \u00e0 des d\u00e9parts que l\u2019on voyait longtemps approcher, \u00e0 des jours d\u2019enfance dont le myst\u00e8re ne s\u2019est pas encore \u00e9clairci, \u00e0 ses parents qu\u2019il fallait qu\u2019on froiss\u00e2t lorsqu\u2019ils vous apportaient une joie et qu\u2019on ne la comprenait pas (c\u2019\u00e9tait une joie faite pour un autre), \u00e0 des maladies d\u2019enfance qui commen\u00e7aient si singuli\u00e8rement, par tant de profondes et graves transformations, \u00e0 des jours pass\u00e9s dans des chambres calmes et contenues, \u00e0 des matins au bord de la mer, \u00e0 la mer elle-m\u00eame, \u00e0 des mers, \u00e0 des nuits de voyage qui fr\u00e9missaient tr\u00e8s haut et volaient avec toutes les \u00e9toiles, &#8211; et il ne suffit m\u00eame pas de savoir penser \u00e0 tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d\u2019amour, dont aucune ne ressemblait \u00e0 l\u2019autre, de cris de femmes hurlant en mal d\u2019enfant, et de l\u00e9g\u00e8res, de blanches, de dormantes accouch\u00e9es qui se refermaient. Il faut encore avoir \u00e9t\u00e9 aupr\u00e8s de mourants, \u00eatre rest\u00e9 assis aupr\u00e8s de morts, dans la chambre, avec la fen\u00eatre ouverte, et les bruits qui venaient par \u00e0-coups. Et il ne suffit m\u00eame pas d\u2019avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d\u2019attendre qu\u2019ils reviennent. Car les souvenirs eux-m\u00eames ne sont pas encore cela. Ce n\u2019est que lorsqu\u2019ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu\u2019ils n\u2019ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n\u2019est qu\u2019alors qu\u2019il peut arriver qu\u2019en une heure tr\u00e8s rare, du milieu d\u2019eux, se l\u00e8ve le premier mot d\u2019un vers. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Les Cahiers de Malte Laurids Brigge<\/em><br \/>\nEditions du seuil, Collection Points<br \/>\nPages 24,, 25, et 26<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette rubrique, j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 St\u00e9phanie Baudry de revenir \u00e0 ses premi\u00e8res amours afin de tenter, au travers d&rsquo;une \u00ab\u00a0critique\u00a0\u00bb de livres actuels, de donner \u00e0 lire et \u00e0 voir un certain regard sur le si\u00e8cle dans lequel nous vivons&#8230; La Litt\u00e9rature, au m\u00eame titre que l&rsquo;Information renseigne l&rsquo;Homme sur lui-m\u00eame&#8230;et sur ses cong\u00e9n\u00e8res&#8230; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0},"categories":[5],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1114"}],"collection":[{"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1114"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1114\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1116,"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1114\/revisions\/1116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1114"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1114"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/5ka.fr\/project\/patrickbaudrymirror\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1114"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}